Et si la personne qui vous attirait irrésistiblement appartenait précisément au camp que l’on vous a appris à craindre ? Dans Le Chant des Sorcières, Léa Courcol transforme cette situation en point de départ d’une fantasy urbaine où désir, magie et rivalités anciennes s’entrechoquent. Au cœur du roman, Emma et Marcie découvrent que certaines rencontres peuvent remettre en question des certitudes transmises depuis l’enfance.

Emma et Marcie, une rencontre qui n’aurait jamais dû avoir lieu

Tout commence pourtant de manière presque ordinaire. Emma se rend au Venus Den pour un rendez-vous qui tourne rapidement court. Marcie, de son côté, accompagne son ex dans le même établissement malgré une fatigue accumulée par son travail de médecin urgentiste.

Déçues chacune de leur soirée, les deux femmes finissent par se rencontrer au bar. Quelques verres, une conversation, une attirance évidente : rien ne laisse encore présager les conséquences de cette nuit.

Car Emma et Marcie partagent un secret qu’aucune ne connaît encore à propos de l’autre. Toutes les deux pratiquent la magie.

Deux sorcières appartenant à des camps opposés

La révélation intervient brutalement lorsque leur rapprochement devient plus intime. Emma remarque sur le bras de Marcie une pie tatouée, symbole qui suffit à lui faire comprendre l’impensable : la femme qu’elle vient de rencontrer appartient à Pica.

Emma, elle, est une Luscian.

En quelques secondes, l’attirance laisse place à la peur et à la méfiance. Ce basculement constitue l’un des ressorts les plus intéressants du roman. Léa Courcol confronte ses personnages à un décalage saisissant entre ce qu’elles viennent personnellement de découvrir l’une de l’autre et tout ce que leurs communautés leur ont appris.

Une romance construite autour de la méfiance

Le Chant des Sorcières joue ainsi avec un ressort particulièrement efficace de la romance : deux personnages attirés l’un par l’autre alors que leur environnement devrait les séparer.

Mais cette opposition ne repose pas uniquement sur un obstacle extérieur. Emma et Marcie portent elles-mêmes les traces de la rivalité entre leurs communautés. La peur de l’autre est profondément ancrée dans leur manière de réagir et de percevoir le danger.

Le roman peut alors être lu comme l’histoire de deux femmes contraintes de distinguer progressivement ce qu’elles ressentent réellement de ce qu’on leur a appris à ressentir.

La magie comme héritage

L’univers imaginé par Léa Courcol donne une dimension supplémentaire à cette relation. Être sorcière n’est pas seulement une affaire de pouvoirs : cela signifie appartenir à une histoire, une famille et une communauté.

La magie devient ainsi indissociable de la question de l’héritage. Emma et Marcie n’ont pas créé le conflit qui les oppose, mais elles vivent avec ses conséquences. À travers elles, le roman interroge la difficulté de s’affranchir des récits transmis par les générations précédentes.

Le Chant des Sorcières, une fantasy portée par son duo

Si le roman développe progressivement son intrigue surnaturelle, la relation entre Emma et Marcie lui apporte une grande partie de sa force émotionnelle. Le contraste entre leurs personnalités, leurs vies et leurs rapports à la magie nourrit constamment leur dynamique.

Avec Le Chant des Sorcières, Léa Courcol revisite ainsi le thème de l’amour interdit à travers les codes de la fantasy urbaine. Sorcellerie, désir, peur et rivalités se mêlent dans un premier tome où rencontrer l’autre pourrait finalement représenter une menace bien plus grande pour les traditions que n’importe quel sortilège.

Disponible aux éditions Beta Publisher.

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