Laurent Hopman raconte les coulisses de Friends en BD
Après Star Wars, le scénariste s’attaque à la sitcom culte avec Isaac Jadraque, en compilant des centaines d’anecdotes sur une série qui a failli échouer.
Le scénariste Laurent Hopman signe « Nos meilleurs amis », un album consacré à la genèse de la sitcom « Friends », en librairie depuis le mercredi 7 octobre aux éditions Deman.
En bref
- « Nos meilleurs amis » est disponible depuis le mercredi 7 octobre aux éditions Deman.
- Le dessinateur espagnol Isaac Jadraque a été retenu pour son trait photoréaliste.
- L’album s’appuie sur des biographies, des interviews et des passages en talk-shows.
- Don Ohlmeyer, dirigeant de NBC, y tient le rôle d’adversaire des créateurs.
Un album entre fiction télévisée et récit documentaire
L’auteur n’en est pas à son premier voyage dans les coulisses de la pop culture. Il a déjà consacré deux tomes des « Guerres de Lucas » à la naissance et au tournage de la première trilogie « Star Wars », et un troisième volume est annoncé pour 2027. Cette fois, il quitte les galaxies lointaines pour un appartement new-yorkais et une bande de six amis.
Le dessin revient à l’Espagnol Isaac Jadraque. Il a été retenu à l’issue d’un long casting, pour une qualité précise : savoir restituer avec un réalisme photographique les traits de Rachel, de Ross ou de Monica. Les créateurs de ces personnages, Marta Kauffman et David Crane, deviennent eux-mêmes des figures centrales du récit.
Le projet tient d’abord d’une passion personnelle, que l’auteur assume sans détour auprès du HuffPost Culture : « Je suis un grand fan de Friends depuis le début et j’ai envie d’écrire sur des sujets qui me passionnent ».
Des années de lecture et une moisson d’anecdotes
Pour bâtir son scénario, Laurent Hopman a passé plusieurs années à dépouiller les biographies des comédiens, les entretiens accordés par l’équipe technique et les apparitions de la distribution sur les plateaux de talk-shows. De ce travail patient sont sorties des centaines de petites histoires, distribuées au fil des pages.
Certaines surprennent par leur trivialité. Avant une séance photo, Matt LeBlanc se lime une dent avec une lime à ongles. D’autres touchent à l’histoire de la télévision : Courteney Cox prête son visage à une publicité Tampax qui, pour la première fois sur le petit écran américain, évoque ouvertement les règles.

La plus drôle met en scène Matthew Perry. Chargé de séduire Julia Roberts pour qu’elle accepte d’apparaître dans un épisode spécial, il sollicite les scénaristes afin de rédiger l’invitation, envoyée par fax. L’actrice pose alors une condition à sa venue : qu’il lui explique la physique quantique.
Une série qui a souvent frôlé l’échec
Derrière la légende, l’album insiste sur la fragilité de l’entreprise. Journées interminables dans la salle d’écriture, épreuves personnelles, comédiens tentés de tout lâcher, plaisanteries refaites sur le moment : le livre montre combien de fois l’aventure a vacillé. « C’est intéressant de réaliser à quel point le succès d’une série est aléatoire, à quel point ça tient à peu de chose », observe Laurent Hopman.
Un antagoniste traverse le récit. Don Ohlmeyer, dirigeant de NBC présenté comme réactionnaire, misogyne et homophobe, y multiplie les obstacles face à David Crane et Marta Kauffman.
Reste la recette d’écriture, que la showrunneuse formule dans l’album : chaque épisode porte trois intrigues de même poids, dont l’une au moins doit émouvoir, car l’humour attire le public tandis que l’émotion le fidélise. Pour l’auteur, c’est là que se joue la réussite de la série.
« C’est cette intensité dans les scènes dramatiques, qui contrebalance l’humour. Tout le monde essaie de le faire, mais c’est extrêmement difficile. »
Laurent Hopman, auteur de « Nos meilleurs amis »
Son ambition dépasse d’ailleurs le portrait d’une sitcom. Il entend rendre visible la dureté d’un milieu où, selon ses mots, il faut « une peau de rhinocéros pour supporter toutes les incertitudes ».
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Gga2015. Licence : CC BY-SA 4.0.
